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la question centrale
Dans quelle mesure les dynamiques d’institutionnalisation du pouvoir dans le monde contemporain et notamment en Francophonie, pensées comme modèles d’interactions entre opportunité politique, obligation légale et exigence sociale, font-elles émerger une pluralité de figures de l’État ?
argumentaire : tout appareil de l’État est nécessairement ouvert, puisqu’il s’insère dans un environnement qui lui est propre, qu’il soit social, économique, culturel et religieux, mais aussi fermé, dans la mesure où il se caractérise a priori par les principes de cohésion et de hiérarchie qui lui sont propres. Ces deux mouvements sont mis en œuvre dans toute structure institutionnelle et sociale, et le degré de fermeture ou d’ouverture varie dans le temps. Les problèmes de légistique qui se posent dès lors concernent la définition d’un cadre conceptuel cohérent ainsi que le degré d’adéquation entre les normes juridiques étatiques, le fonctionnement de l’appareil de l’État et les revendications fondées sur ces références sociales, économiques, culturelles ou religieuses. Les concepts de nation, de citoyenneté, de laïcité, etc. sont au cœur de ce processus d’adéquation. Il est toutefois possible d’observer qu’ils sont au cœur d’un processus qui peut les dépasser actuellement dans un contexte de mondialisation. Ces observations en appellent une autre : si l’appareil de l’État s’inscrit dans un environnement social, économique, culturel ou religieux avec lequel il entretient des relations d’échanges, il peut donc être amené à modifier la ligne qui sépare l’État et la société civile, l’espace public et l’espace privé. Dans certaines sociétés, les perspectives d’évolution des relations entre l’État et la société civile aboutissent soit à une juridicisation excessive de celle-ci, et à une utilisation exclusive de la norme juridique comme référence dans la conduite des comportements sociaux, soit à une remise en cause et une contestation par l’individu et les groupes de toute centralité et, du coup, de toute légitimité de l’État.
La prise en compte des spécificités propres à la pluralité des systèmes politiques et juridiques des pays francophones et de l’influence des déterminants sociaux, économiques, culturels, religieux, etc., appelle une dernière observation : chaque appareil de l’État repose sur une certaine conception de sa place dans une société qui n’est jamais formulée a priori. Les conditions de son émergence ou de son dépérissement restent des sujets d’interrogation d’autant plus importants qu’ils sont appréhendés dans une perspective essentiellement positiviste dans le cadre des rapports entre l’État, les citoyens ou les groupes qui composent la société concernée.
